L’ABCD de l’égalité doit être maintenu 31 mai 2014

Logo-177.pngLe 22 avril 2014, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, appelait à « relever notre niveau d’intolérance » envers le harcèlement de rue. Une déclaration de bon sens.

Pour y arriver, elle écartait la possibilité d’une législation spécifique, privilégiant la « prévention ». Comment ? Grâce à « la compétence donnée au CSA pour lutter contre la diffusion d’images dégradantes des femmes » (dont on a vu l’efficacité lors des derniers Jeux Olympiques), « la vigilance à l’égard des propos publics inacceptables » (dont on a pu mesurer les effets jusque dans les rangs de l’Assemblée nationale (2)), et « l’apprentissage du respect d’autrui à l’école », notamment grâce aux ABCD de l’égalité encore en phase de test.

Un peu déçus par cette timidité, nous avions néanmoins salué la prise de position du ministère ; tout en notant que nous n’allions pas attendre que les élèves de huit ans soient adultes pour stopper le harcèlement de rue, manifestation la plus communément admise du sexisme ordinaire.

Quelle n’est donc pas notre surprise d’entendre le ministre de l’Éducation nationale, Benoît Hamon, se dire « gêné » par les ABCD de l’égalité et songer à ne pas les mettre en œuvre à la rentrée. Que restera-t-il alors des quelques mesures prônées par la ministre des Droits des femmes contre le sexisme ordinaire et le harcèlement de rue ? Rien que du symbole !

L’égalité ne relève pas du domaine privé, c’est une valeur que doit porter l’école, pour toutes et pour tous.

Monsieur Hamon, Madame Vallaud-Belkacem, une poignée de conservateurs contestent votre travail et s’accrochent à des stéréotypes d’un autre siècle. Cela devrait vous renforcer dans votre détermination à apprendre aux enfants à se traiter en égaux et à avoir, devenus adultes, des rapports de séduction bienveillants et consentis.

Les ABCD de l’égalité, à eux seuls, ne sont pas une solution pérenne. Mais vous ne proposiez que cela ! Les abandonner, c’est abandonner votre engagement à faire progresser les mentalités, unique moyen de mettre fin au sexisme ordinaire et aux violences qu’il engendre.

Nous voulons croire encore en la volonté du ministère des Droits des femmes d’accomplir sa mission. Nous continuons d’espérer dans les mois à venir des avancées concrètes et des mesures d’éducation populaire dans tous les espaces publics et semi-publics.

Tenez vos engagements. Maintenez les ABCD de l’égalité.