Pssst Mademoiselle, tu veux témoigner ? #stopHDR aux Solidays

Du 27 au 29 Juin, le collectif #StopHarcèlementDeRue a planté son stand au festival Solidays. C’était notre premier festival, et tout s’est bien passé ! Récit.

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« Au Solidays, en concert, grosse ambiance, le chanteur demande de s’accroupir, on est tous collés les uns aux autres et je me rends compte qu’un homme est en train de se masturber sur mon cul. Choc, dégoût, envie de pleurer… ». Ou comment un super week end peut être démoli par une agression sexuelle. Et dans cette histoire, qui a eu honte ?

Sans surprise, les festivals estivaux apparaissent propices à la prolifération des relous. Celles qui comme moi fréquentent assidûment ces événements ont toutes plus d’une histoire à raconter. Alors quand le Solidays nous a contacté pour nous proposer de tenir un stand au village des associations, nous n’avons pas hésité une seconde. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne sommes pas venues pour rien.

10492476_785487351482120_4746335704557764775_nVendredi, 15h, ouverture du festival et du village des associations. Nous avons passé la matinée à visser des planches, à peindre, à coller pour donner une ambiance « rue » à notre petit carré #stopHDR. On est fiers, il est beau notre stand. Rapidement les premiers visiteurs s’arrêtent. Certain(e)s nous connaissent déjà, ont entendu parler de nous sur Internet ou nous ont vu à la télé. Mais si tout le monde ne connaît pas le collectif, il est une notion que nous n’aurons jamais besoin d’expliquer au cours de ce weekend, c’est celle de harcèlement de rue. Tout le monde sait ce que c’est, certain(e)s plus que d’autres malheureusement. Avec les premiers échanges arrivent les premiers témoignages, et notre fil commence doucement à se remplir.

À la fin du festival, nous aurons recueilli 70 histoires, qui couvrent une diversité de situations, de lieux, d’acteurs. C’est cette diversité que nous souhaitons montrer, face à ceux qui enferment le harcèlement de rue à un type particulier de personnes, de lieux… Les faits nous l’ont prouvé, et nous remercions tou(te)s ceux et celles qui ont pris le temps de s’arrêter et de partager leurs expériences avec nous. Nous savons que pour certain(e)s d’entre vous, cela n’a pas été facile. Pour beaucoup le harcèlement de rue reste un traumatisme, une souffrance quotidienne. Ils et elles se sont arrêté(e)s sur le stand en quête de solutions face à un problème récurrent, pour pouvoir enfin trouver la tranquillité.

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10351913_787062367991285_8191347747546684701_n« Faut la deviergeniser celle là !! »… Paye ta Schneck bonjour ! 

Vous êtes venu(e)s de partout, victimes, témoins, pour mieux comprendre, pour savoir quoi dire, quoi faire. Nous avons répondu à vos questions comme nous le pouvions, dans l’esprit de nos principes.  Nous avons pu échanger avec d’autres collectifs et associations présents sur le Solidays (Notamment les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, dont nous sommes tou(te)s devenues des fans inconditionné(e)s, si çà n’était pas déjà le cas). Nous avons créé un espace respectueux où vous avez pu prendre la parole. Nous souhaitons que cet espace soit mille fois plus grand l’année prochaine, que le Solidays devienne « zone sans relous » dans son ensemble.

10523157_787062674657921_7372592439762519095_n« Après m’être fait tabasser par un groupe de 3 mecs, je suis allée porter plainte au commissariat. La policière : « estime toi heureuse de ne pas t’être fait violer, vu la longueur de ta robe j’ai cru qu’ils t’avaient arraché ton pantalon ».

Mon déjeuner a failli faire demi-tour quand j’ai lu ça.

Le weekend est passé à une vitesse folle, entre les moments d’échanges intenses sur le stand qui n’a pas désempli, et pauses musicales pour les membres du collectif (parce que c’était Solidays quand même). Nous nous sommes aussi essayés au théâtre-forum, et peut être faites vous des quelques personnes qui ont assisté aux happenings de Samedi et Dimanche dans l’allée centrale du village ? Nous avons présenté quelques scénettes représentant diverses situations de harcèlement (ou de « non harcèlement », parce que oui, nous savons faire la différence) entrecoupées de moments d’échanges avec le public. Merci à celles et ceux qui l’ont fait de s’être arrêté(e)s, d’avoir pris le temps d’échanger avec nous. Promis, la prochaine fois on aura un mégaphone.

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« Nous quand on marche dans la rue, on se donne la main. Nous on est un couple de filles. Nous on entend tout le temps : (de la part des garçons) « Ah c’est dommage » « Ce qu’il vous manque c’est une bite » « Vous voulez pas partager » « Je peux être un homme pour deux filles ». Et nous on ignore, on essaie en tout cas. 

La communauté LGBT souffre aussi énormément du harcèlement de rue. Vous étiez nombreus(e)s à venir nous voir ce weekend pour partager vos expériences. Merci ! 

Dimanche, 20 heures, le stand est démonté, nous terminons ce weekend avec le sentiment du travail bien fait, et avec l’envie de renouveler l’expérience rapidement, sur d’autres festivals. Peut être nous retrouverez vous un de ces jours sur un autre site, mais chut, on ne peut rien vous dire pour l’instant !

Marie-Gaëlle AMAT