Comment un homme peut-il savoir qu’il drague et ne harcèle pas ?

Tout simplement en considérant la réceptivité de la personne avec qui il souhaite nouer une relation de séduction réciproque ! La drague respecte le consentement ou l’absence de consentement de l’autre. Elle est polie et tient compte des réactions de la personne en face. Le harcèlement ne prend pas en compte ces interactions. C’est le résultat de la volonté d’un seul individu dont le but n’est pas de nouer une relation mais d’intimider une autre personne. Il met à défaut le confort de la personne prise pour cible et l’entrave dans son sentiment de sécurité.

Concrètement, dire bonjour à une femme et tenter une approche polie et courtoise, en l’invitant par exemple à prendre un café ou un verre et en l’informant qu’on la trouve jolie, n’est pas un comportement de harceleur tant que cette attitude se cantonne à une proposition.

Soit cette proposition débouche sur un dialogue et alors un rapport de séduction peut se construire à deux, soit cette proposition est repoussée (formellement, par un silence ou un refus de dialogue) et alors la drague doit s’arrêter là. Chercher à dépasser le refus manifeste d’une personne, ou le minimiser comme s’il s’agissait d’un jeu, c’est entrer dans le harcèlement.

Les propositions et actions constitutives du harcèlement sont non désirées et non réciproques. Elles privent les cibles de leur capacité de choisir par qui elles veulent être touchées et qui elles veulent laisser entrer dans leur intimité. C’est une interaction forcée.

Autrement dit :

  • pour faire une rencontre, il faut être deux ;
  • sans consentement des deux personnes, il n’y a pas de drague possible ;
  • l’absence de consentement (ignorer la proposition) ou le refus explicite (décliner la proposition) doit mettre un terme à l’approche et ne constitue en aucun cas une justification à des insultes ou des propos sexistes.

Les salutations, compliments, sentiments, sourires neutres et sans connotation sexuelle sont possibles et ne rentrent pas dans le cadre du harcèlement de rue.

13 mai 2014