Tant que ce ne sont que des paroles, ça n’a rien de grave…

Les paroles blessent, c’est même la meilleure arme pour détruire une personne de l’intérieur. Au fil des années, être harceléE dans la rue c’est accumuler et refouler des peurs, des dégoûts, des lassitudes, des humiliations, des frustrations, des colères… Les incidents non physiquement violents du harcèlement de rue peuvent causer de considérables dommages psychologiques et émotionnels sur les personnes qui en sont victimes.

Le harcèlement de rue entraine une limitation de l’accès à l’espace public pour les personnes qui en sont victimes. L’enquête « Enveff » révèle que les trois quarts des agressions ont lieu au cours de simples déplacements quotidiens. Cette réalité impose aux personnes de mettre en place des stratégies de protection : détours pour éviter certaines rues, taxi plutôt que transports en commun, réduction des déplacements… Et contrairement aux idées reçues, cette contrainte ne se limite pas à la nuit et aux lieux isolés puisque, toujours selon cette enquête, 67% des agressions ont lieu de jour et, dans 65% des cas, dans des espaces fréquentés par d’autres personnes au moment des faits…

13 mai 2014