Votre histoire de harcèlement c’est un problème limité aux grandes villes ?

Les grandes zones urbaines, en raison peut-être de la densité de leur population et de la nature des échanges qu’elles imposent, semblent plus largement soumises à toutes formes d’incivilité et notamment aux insultes à l’égard des femmes et aux atteintes à caractère sexuel (poursuite, exhibitionnisme, pelotage). En revanche, les agressions physiques ne sont pas plus fréquentes dans les grandes agglomérations, compte tenu d’autres facteurs, mais elles le sont en fonction de la structure de l’habitat, notamment collectif.

Une partie des violences physiques semblent donc relever d’une fracture sociale plus que d’une fracture géographique puisque ce sont les femmes présentant divers signes de vulnérabilité ou d’isolement qui les subissent davantage (les non diplômées, les femmes au chômage ou vivant seule…).

Si le harcèlement de rue est par hypothèse un phénomène urbain lié à des échanges sociaux plus fréquents, le sexisme lui ne l’est pas… Si dans l’espace rural le harcèlement et les atteintes à la dignité des femmes et des LGBTQ prennent des formes différentes, il n’est pas moins réel !

Pire, si le phénomène est moins visible c’est peut-être aussi parce que les personnes qui en sont victimes dans l’espace rural sont beaucoup plus isolées, et que les contraintes sociales qui s’y exercent les empêchent d’accéder pleinement à l’espace public… Quoi qu’il en soit, nous sommes ouvertEs pour en parler !

13 mai 2014