Vous devriez vous sentir flattéEs, après tout ça reste avant tout des compliments !

Pourquoi les filles ne se sentent pas flattées quand on leur fait des compliments ou qu’on les aborde ? Le harcèlement dans la rue, qu’il soit ou non accompagné de propos sexuels ou sexistes, a toujours une même source : le pouvoir.

Le harcèlement met à défaut le confort de la personne prise pour cible et entrave son sentiment de sécurité. Les victimes se considèrent souvent intimidées, malmenées et moquées, atteintes dans leur dignité. Si la cible réagit, elle est potentiellement sujette à des insultes, menaces et à de l’agressivité verbale voire physique, c’est alors un sentiment de danger qui est vécu par la victime.

Et même un pseudo « compliment » peut être malvenu, surtout quand il a trait au physique des personnes ou à leurs choix vestimentaires. Une personne ne se résume pas à ces quelques aspects, et être renvoyéE constamment à ceux-ci sous prétexte de leur visibilité c’est aussi une forme d’enfermement.

« Complimenter » un physique ou une tenue c’est aussi envoyer indirectement un message clair à la personne : « si tu ne veux pas que ça t’arrive, dissimule-toi ou fais d’autres choix… ». Répété à longueur de journée, ce message est une entrave réelle à la liberté de choix, d’expression et de déplacement des personnes qui en sont victimes. Le fait que ce message repose parfois sur de bonnes intentions n’en provoque pas moins un effet négatif bien réel : obliger les personnes à subir ce message ou à s’y conformer.

13 mai 2014